Le piège de Thucydide
On parle beaucoup du piège de Thucydide depuis que Xi Jinpin a mis en garde les Américains de ne pas y tomber lors de sa rencontre avec Donald Trump. Origine C’est le Grec Thucidyde qui l’a conceptualisé au 5e siècle av. J.-C. lors de guerres du Péloponnèse. Il a été remis à la mode par […]
On parle beaucoup du piège de Thucydide depuis que Xi Jinpin a mis en garde les Américains de ne pas y tomber lors de sa rencontre avec Donald Trump.
Origine
C’est le Grec Thucidyde qui l’a conceptualisé au 5e siècle av. J.-C. lors de guerres du Péloponnèse.
Il a été remis à la mode par l’américain Graham Allison en 2015.
En le mentionnant, le dirigeant chinois montrait donc à la fois ses connaissances classiques, mais aussi des États-Unis, petite claque à son interlocuteur gonflé d’orgueil.
Concept
Le concept est qu’une puissante dominante peut se sentir menacée par une puissance émergente et ainsi déclencher la guerre afin de garder sa suprématie.
En termes stratégiques cela veut dire déclencher la guerre avant que l’opposant devienne assez fort pour gagner, la guerre devient alors rationnellement inévitable.
Les exemples
Les exemples sont nombreux, autant par le passé que maintenant :
- Sparte a peur de la puissance montante d’Athènes ce qui va finir par amèner le conflit
- Les royautés européennes attaquent la France avant que Napoléon ne soit capable d’en faire un pays assez fort pour constituer un exemple pour les peuples des autres pays désirant faire tomber leur royauté
- Israël attaque le Hezbollah au Liban avant qu’il ne gagne en puissance
- Les États-Unis et Israël attaquent l’Iran avant qu’il ne soit assez puissant pour avoir l’arme nucléaire
- La Chine, puissance montante, voient le danger d’une guerre avec les États-Unis qui voient leur suprématie s’effriter.
Les solutions
- Considérer que l’autre pays n’est pas un ennemi politique et n’a pas pour objectif de nous attaquer
- Renforcer les communications diplomatiques pour éviter les zones d’ombre
- Percevoir l’autre pays comme un allié économique plutôt que comme un ennemi
- Tisser des liens d’affaire et économiques
- Multiplier les gestes d’échange culturel
- Créer des intérêts et des objectifs communs.
En conclusion, les Grecs avaient réfléchi à cela avant nous, certains dirigeants actuels auraient peut-être intérêt à apprendre leurs classiques.
Jean-Pierre Mercier